(Milton Friedman)
23.5.21
21.5.21
13.5.21
26.1.21
6.1.21
5.1.21
La high-tech court trois fois plus vite que les affaires normales.
Et le gouvernement court trois fois moins vite que les affaires normales.
Nous avons donc un écart de neuf fois.
Et ce que nous voulons faire c'est nous assurer que le gouvernement ne fait pas obstacles et ne ralentit pas les choses.
(Andy Grove, PDG Intel)
3.1.21
Pete avait appris l’une des grandes règles de la survie : ne jamais trop en dire à un inconnu.
***
Toutefois très peu se retrouvaient dans la position d’un juré à ordonner qu’on appuie sur l’interrupteur. D’un coup, cela changeait la donne.
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La première leçon que vous apprendrez ici, c’est de ne pas poser de questions. Tout le monde a son histoire, et les lâches ne disent jamais la vérité.
(La sentence de John Grisham)
31.12.20
Que savait-on des enfants ? Leur hérédité était incertaine.
Dans l’assistance, il se disait que les Colombiens étaient violents, que les Russes avaient de l’alcool dans leur ADN.
Après plusieurs semaines de tergiversations, les Berteau s’étaient rebiffés : choisit-on un enfant comme une destination chez un voyagiste ?
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Appartient-on à une religion par hérédité, par tradition, par choix ?
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La télé n’en parle guère. Ce qui n’est pas médiatique n’existe pas.
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Pourquoi un prêtre serait-il épargné par la turpitude ?
–Quand même…
–Ça fait deux mille ans que Dieu bâtit son Église avec des pécheurs. Il a commencé avec un traître, Pierre, et un assassin, Paul.
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Il faut venir à l’église pour le Christ, pas pour le curé. Sinon on est déçu.
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“Sème le bien derrière toi, un jour tu le retrouveras devant.”
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On n’est malheureux que quand on se compare. Un jour, les Algériens ont vu que le monde bougeait, la Tunisie, le Maroc obtenaient leur indépendance.
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Elle se souvient de la responsable du noviciat qui répétait, volontiers sentencieuse : « Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien. »
(La grande épreuve, Etienne de Montety )
30.12.20
26.12.20
L'Arménie est en larmes, les Arméniens en armes. Agressée par les Turcs et les Azéris, négligée par l'Europe qui a oublié sa vieille amie prise en sandouiche entre le mamelouk et le Turcoman, l'Arménie se défend, en pleine Toussaint, seule au monde et seule aux avant-postes de l'effondrement qui vient.
... nous pleurons le sort de nos vieux frères chrétiens, qui ne sont pas tellement bankables à la cyber-Bourse des indignations quotidiennes.
20.12.20
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Pour garder bonne figure auprès de son banquier, Victor traduit aussi des best-sellers anglo-saxons divertissants, qui donnent à la littérature un statut
d’art mineur pour des mineurs.
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Pourquoi on doit donner aux femmes tous les droits et la liberté », il a introduit la phrase : « La liberté n’est pas une crème anglaise sur un cake au chocolat, c’est un droit.
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Mais d’où sort cet avion ? soupire Silveria. Vous avez forcément une théorie, professeur Wang ? Un professeur sans théorie, c’est comme un chien sans puces.
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Le président américain reste bouche ouverte, présentant une forte ressemblance avec un gros mérou à perruque blonde.—Donc, une fois l’espace replié, on y fait un « trou »…
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Il sait malgré tout qu’il suffira qu’une de ses phrases soit plus intelligente que lui pour que ce miracle fasse de lui un écrivain.
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Donc, vous êtes athée », jouant de son stylo comme si elle avait eu une case à remplir sur un questionnaire imaginaire.
Jamy Pudlowski avait haussé les épaules : « Je m’en fous, Dieu, pour moi, c’est comme le bridge : je n’y pense jamais.
Donc, je ne me définis pas par le fait que je me fous du bridge, et je ne me réunis pas non plus avec des gens qui discutent du fait qu’ils se foutent eux aussi du bridge.
Le mathématicien observe cet homme primaire, et il se conforte dans l’idée désespérante qu’en additionnant des obscurités individuelles on obtient rarement une lumière collective.
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J’ai une devinette, dit Louis.
—Je t’écoute, sourit la psychologue.
—Les pauvres en ont, les riches en ont besoin, et si on en mange, on meurt.
La psychologue donne sa langue au chat.
—C’est rien.—
C’est rien ?
—Rien. Les pauvres, ils ont rien, les riches ont besoin de rien, et si on mange rien, on meurt.
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-Tout de même, je ne suis pas George Clooney.
—Tu es bien plus. Tu es entre Romain Gary et Jésus-Christ. Suicide et résurrection.
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Et au cœur de cet incendie sans fin qui de tout temps a dévoré l’Amérique, dans cette guerre que l’obscur mène à l’intelligence, où la raison recule pas à pas devant l’ignorance et l’irrationnel,
Jacob Evans revêt la cuirasse d’ombre de son espérance primitive et absolue. La religion est un poisson carnivore des abysses.
Elle émet une infime lumière, et pour attirer sa proie, il lui faut beaucoup de nuit.
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Les humoristes des émissions matinales s’essaient à des sketches sur la duplication.
—Vous savez ce qu’est une simulation, Hillary ? demande le journaliste à l’imitatrice.
—Peter, répond la voix de Hillary Clinton, toutes les femmes en Amérique savent ce que c’est que la simulation.
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... toi qui as lu et relu Guerre et Paix, tu sais, comme le général Koutouzov, que les deux guerriers les plus puissants sont la patience et le temps.
6.12.20
La plupart des pays en voie de développement ont même des stratégies détaillées pour parer à cette éventualité.
Il y a des directives et des systèmes prévus en cas d’épidémie. En théorie, ils devraient fonctionner. Mais la nature se moque des théories. La faillibilité humaine se moque des théories.
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Là où le coronavirus s’est arrêté, Darwin a pris le relais. » La cupidité et la peur, la criminalité et l’incompréhension, l’ignorance et la stupidité. Le chaos.
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On est comme ça, les êtres humains. Quand on a quelque chose pour rien, on prend toujours plus qu’il ne faut.
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Je refuse de me porter candidat parce que je ne crois pas à la démocratie. Pas maintenant.
–À quoi crois-tu alors ?
–Même dans un monde parfait, la démocratie est une sale affaire. Ce monde est foutu. Ce qu’il faut, c’est un dictateur bienveillant.
–C’est une plaisanterie ? demande le pasteur, rempli d’un dégoût incommensurable.
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Nous sommes des animaux, Nico. Des animaux sociaux. Des animaux sociaux domestiqués.
Avec une mince couche de civilisation. Des créatures dociles quand tout va bien, quand les conditions sociales demeurent normales et paisibles.
Mais si on perturbe ces conditions, la couche s’efface. Alors, on devient sauvages ; on devient des prédateurs, des tueurs et on chasse en meutes.
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Vous savez ce que David Attenborough a dit concernant l’espèce humaine ? demanda la femme, faisant allusion au célèbre présentateur d’émissions sur la nature à la télévision britannique.
–Oui. Il a dit que l’espèce humaine était un fléau sur la Terre. Et je pense comme lui.
–Sincèrement ?
–Absolument.
–Et vous croyez qu’on peut contrôler ce fléau ? C’est à ce moment-là que ma mère a compris qu’on parlait d’autre chose. C’était un genre de test. Une prolongation du dîner, mais en plus prudent,
en plus réservé, et avec beaucoup plus de sous-entendus.
–Écoutez, dit ma mère, si je pouvais développer demain un virus capable de neutraliser quatre-vingt-dix pour cent de ce fléau, je le ferais.
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L’espèce humaine ne peut pas changer, l’homme ne peut tout simplement pas changer. L’évolution nous a programmés pour continuer à consommer jusqu’à ce que tout ait disparu.
(L'Année du lion de Deon Meyer)
29.11.20
Ses conseillers lui disaient qu’ils avaient entamé des recherches approfondies en Europe, afin d’y trouver quelqu’un qui aimait bien George Bush, mais apparemment, c’était aussi difficile que de trouver des armes de destruction massive en Irak.
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George savait bien que l’intelligence et l’expérience ne servaient à rien si on voulait devenir président–c’est Karl Rove qui le lui avait appris.
Si on voulait devenir président, il fallait de la ténacité, de l’entregent, de la simplicité dans ses manières pour faire plaisir aux électeurs.
Il fallait aussi pouvoir ramasser des sommes énormes, des millions, pour convaincre la populace qu’on était un type bien et que son adversaire, peu importe qu’il soit Hercule ou Rambo, était médiocre et versatile.
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Cependant, un ennemi, ou même une multitude d’ennemis, doit avoir un visage, un nom ; Karl et Dick et Don avaient eu ensemble un autre coup de génie : la Guerre éternelle serait contre le Mal et le terrorisme.
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Mais oui, on peut tout faire avaler, s’écria Karl en recommençant à faire tournoyer ses bras comme un hélicoptère.
Nous avons convaincu deux Américains sur trois que c’étaient les Irakiens qui avaient attaqué le World Trade Center !
Nous avons fait croire à la moitié d’entre eux que Saddam Hussein était copain avec les membres d’al-Qaida et qu’ils essayaient ensemble de développer une bombe atomique fourrée à l’arsenic !
Nous avons réussi à les convaincre que l’Arabie saoudite et l’Égypte étaient nos alliées, alors même que presque tous les terroristes du 11 septembre 2001 étaient saoudiens ou égyptiens.
Je vous le dis, on peut tout faire avaler aux Américains, tout !
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Parler ou ne pas parler, telle était la question. Était-il plus noble de passer à la postérité comme l’homme qui avait changé d’avis sur absolument tout, ou comme le zinzin qui était persuadé qu’il était possédé par le Fils de Dieu ?
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Dieu avait créé la terre et le ciel, mais Otto, Fox et quelques autres mastodontes des médias, sans compter les milliers d’agences de publicité, créaient chaque jour ce qui était, du point de vue de la population générale, la « réalité de la terre et du ciel
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Tu crois que notre occupation en Irak a donné l’image d’un pays superpuissant, Dick ? demanda le président.
Nous avons clamé haut et fort que les insurgés étaient peu nombreux, dix ou quinze mille tout au plus, et nous n’avons même pas pu les battre : tu crois qu’on a donné l’impression d’être une superpuissance ?
En Afghanistan, les talibans sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux armés, et pourtant ça fait cinq ans qu’on les a défaits : tu te crois superpuissant ?
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Les relevés de cartes de crédit seraient particulièrement utiles pour déterminer si chacun dépensait vraiment autant que possible pour les cadeaux de Noël.
Le ministre, comme le Père Noël, voulait savoir qui avait été gentil, et qui avait été vilain.
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Depuis plus d’une cinquantaine d’années, il était de plus en plus évident que Jésus était né, avait souffert pour nos péchés, était mort puis avait ressuscité pour que les ventes au détail augmentent au quatrième trimestre.
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Jésus : J’ai fait de mon mieux. Je croyais même arriver à quelque chose. Dieu : Ça ne marche jamais. Je commence à Me dire que J'ai dû arranger les choses pour que ça finisse toujours comme ça.
(Jésus-Christ Président de Luke Rhinehart)
–On m’a assuré que vous étiez carrément désagréable. Personnellement, je suis comblé.
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C’est le drame de nos vies, ironisa Johanna. On consacre nos journées et nos nuits à aider de parfaits étrangers sans être capables de faire attention à ceux qui nous sont proches.
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Il y a quarante-trois mille habitants pour un taux record d'abstention de 72% et on aurait plutôt intérêt à ce que ça ne change pas.
Moins on a de votants et plus il est simple d'influer sur le cours d'une élection, c'est mathématique. Mathématique, pas politique.
(Territoires d'Olivier Norek)
23.11.20
L’enfer reste toujours le regard que les autres portent sur nous. Comme un jugement. Le regard qui nous examine, celui qui nous empêche d’oser, celui qui nous freine, celui qui nous peine, celui qui nous fait nous aimer ou nous détester.
Les pieds dans le plat et sans délicatesse aucune, le moniteur n’imagina pas une seconde le bien qu’il avait fait à Noémie.
Il lui avait parlé sans égard particulier ni condescendance, comme on s’adresse à n’importe qui. Elle était n’importe qui. Normale en somme.
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Répétez continuellement à un enfant qu’il ne fait que des bêtises et il les multipliera.
Répétez-lui qu’il n’est qu’un idiot et il le deviendra. Tout simplement parce que nous n’aimons pas décevoir.
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–Qu’on soit clairs, vous et moi, brigadier. Que vous soyez un gros con ne me dérange pas outre mesure.
Tant que vous êtes un bon flic. Vous avez déjà coché la case « gros con » avec brio. Félicitations. Je vous laisse l’avenir pour cocher la seconde.
14.11.20
–Et c’est un souci ?
–Oui, visiblement. Ils essaient de mélanger les origines. S’il y a trop de voyageurs d’un même pays et que la traversée rencontre des problèmes,
ils peuvent former des groupes, se rebeller et prendre le contrôle du bateau. Donc ils vont virer une vingtaine d’Afghans et ils cherchent des Soudanais ou des Syriens pour les remplacer.
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Cherchez pas, ça n’existe nulle part ailleurs et dans aucun texte de loi. C’est du fait maison Calais, spécialité locale.
En gros, avec ce statut bâtard, on ne peut pas les interpeller. Logique, si on refuse de les intégrer à la France ce n’est pas pour les faire rentrer dans le système judiciaire.
Mais on ne leur donne pas non plus la qualité complète de réfugiés, sinon, il faudrait s’en occuper. Donc avec cette appellation de réfugiés potentiels,
ni on ne les arrête, ni on ne les aide. On les laisse juste moisir tranquilles en espérant qu’ils partiront d’eux-mêmes.
***
Ouais. Les migrants fuient un pays en guerre vers lequel on ne peut décemment pas les renvoyer, mais de l’autre côté, on les empêche d’aller là où ils veulent.
C’est une situation de blocage, on va dire.
***
Alors tu es un des seuls à avoir une activité de jour. C’est bien, ça t’évitera de devenir fou. Il y en a beaucoup, ici, des fous.
À cause de ce qu’ils ont vécu, de ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont perdu. Leur seule activité, c’est la nuit, à chercher un camion pour le passage vers l’Angleterre. La journée, ils ruminent comme des vaches.
***
D’accord, sauf qu’ils sont dix mille à toquer. Et avec le phénomène d’aspiration, si on ouvre pour ceux-là, dix mille autres se présenteront, puis dix mille autres
–Je sais, mathématiquement, ça tient, mais humainement, ça bloque toujours…
***
À la fin, il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire, murmura-t-il. Et ce jour-là, j’ai peur de me dégoûter.
***
Vous préférez quoi, Miller ? Qu’un Syrien que personne ne connaît fasse partie des dommages collatéraux ou qu’une cinquantaine de bons Français crèvent dans l’explosion d’un aéroport ?
–C’est un choix impossible.
–C’est mon job, de faire des choix impossibles.
***
Il était de retour, aujourd’hui, sur ces terres entre deux mondes où les dunes avaient retrouvé leur calme.
Plus de migrants, plus d’humanitaires, comme si d’un coup de baguette magique, le problème avait été résolu. Probablement le plus bel enfumage de la décennie.
10.11.20
***
Je n’ai jamais été dans une église parce que c’est contre la vraie religion et la dernière chose que je voulais c’était de me mêler de ça.
Mais je sais que les chrétiens ont payé les yeux de la tête pour avoir un Christ et chez nous il est interdit de représenter la figure humaine pour ne pas offenser Dieu,
ce qui se comprend très bien, car il n’y a pas de quoi se vanter. J’ai donc effacé le visage d’Arthur, j’ai simplement laissé une boule verte comme de peur et j’étais en règle avec ma religion.
***
Il est finalement redescendu au deuxième étage et sa visite n’a rien arrangé du tout, Madame Rosa voyait que les gens devenaient de plus en plus gentils avec elle et ce n’est jamais bon signe.
***
Maintenant, je vais tout à fait bien, dit Monsieur Yoûssef Kadir,
—et il nous regarda tous pour s’assurer que c’était vrai.
—Je vous encourage à continuer, dit Madame Rosa, car il n’y avait que ça à dire.
***
—Ah bon. Tu es un garçon très intelligent, très sensible, trop sensible même.
J’ai souvent dit à Madame Rosa que tu ne seras jamais comme tout le monde.
Quelquefois, ça fait des grands poètes, des écrivains, et quelquefois… Il soupira.
—… et quelquefois, des révoltés.
Mais rassure-toi, cela ne veut pas dire du tout que tu ne seras pas normal.
—J’espère bien que je ne serai jamais normal, docteur Katz, il n’y a que les salauds qui sont toujours normals.
—Normaux.—Je ferai tout pour ne pas être normal, docteur…
(La vie devant soi de Gary, Romain/Ajar, Émile)
8.11.20
C’est une robe qui te déshabille si bien
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Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.
***
Il marche toujours à côté du bonheur en se créant tant de besoins.
***
—Je viens voir Coco Mal-Perché !
La fille pousse une porte et annonce :
—Monsieur Poulet-Malassis, votre rendez-vous est arrivé.
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Parfois je n’arrive plus à me suivre. Je devrais me mettre une laisse !
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Le curé, pendant confesse, m’a demandé si tu avais des nouvelles de Dieu te concernant et si, t’égarant peut-être dans une autre église, tu l’avais vu récemment ?
—On se salue quand on se croise, répond Baudelaire, mais comme deux qui ne sauraient éteindre tout à fait le souvenir d’anciennes rancunes…
***
Il y a des moments où je doute de votre état mental, mon cher Baudelaire. Il y en a où je n’en doute plus ; c’est la plupart du temps.
***
Poulet-Malassis fait les présentations :
—L’avocat que nous avons engagé : Gustave Gaspard Chaix d’Est-Ange !
—Chères fesses d’ange ? a compris Charles en s’étonnant de ce patronyme à rallonge.
***
Les Bijoux… On retire Les Bijoux du livre et c’est Baudelaire qui s’en trouve castré.
***
Aux yeux de plusieurs, Charles reste un étranger et l’étranger c’est l’ennemi.
(Crénom, Baudelaire ! de Jean Teulé)