No comment. / eom
2.6.20
Le monde, affirmait sans ambages l’édito, le monde était de plus en plus complexe. La France, tout particulièrement–il était temps de se réveiller, peut-être, et de s’en rendre compte–, s’enfonçait dans une crise profonde et structurelle. Malgré sa brièveté, la manchette suffisait à établir une liste de symptômes de déclin et de quelques-uns de ces maux spécifiquement français.
Elle se demandait si l’assurance avec laquelle les commentateurs faisaient valoir leurs prédictions n’était pas liée à leur certitude confortable qu’on avait oublié celles qu’ils tenaient dix ans plus tôt, qu’on ne lirait plus celles-ci dix ans plus tard, et que leurs articles ne risquaient pas non plus de tomber sous les yeux de lecteurs issus de pays plus pauvres ou moins démocratiques...
Dites-moi un peu : qui tombe ? sur qui ça tombe ? Après un certain nombre de rendez-vous ratés avec Dieu et de prières tâtonnantes, il fait le pari de croire, même si personne là-haut ne paraît décidé à lui donner le moindre signe d’existence, de présence ou de compassion.
Les scientifiques qui ont fondé l’étude des probabilités pointaient déjà cela en parlant de loi de la fréquence de l’erreur ou de la loi des grands nombres. « Prenez un large échantillon d’éléments chaotiques, écrivait par exemple Galton, et une espèce de régularité de toute beauté s’y révèle, qu’on ne soupçonnait pas.
On peut rêver d’un monde qui fonctionne autrement, mais c’est un monde lointain. La vérité, c’est que nous n’aimons pas nous restreindre
tant que nous n’avons pas de vision précise de ce que nos comportements mettent en péril, de ce que nos conduites à risque peuvent nous coûter, et tant qu’il n’en va pas de notre intérêt particulier. »
Une direction marketing et digital va se mettre en place, c’est Tommaso qui va en prendre la tête. Il ne sait pas ce que ça peut donner. On ne fonde pas une stratégie sur le digital : c’est une révolution industrielle à intégrer partout ; quand on s’est mis à travailler par téléphone, on n’a pas fondé pour autant une direction de la téléphonie.
C’est vrai qu’avec quelques graphiques, une courbe haute, une courbe basse, une courbe sinuant sagement entre les deux, et qui du coup paraît crédible, ou en changeant dans un tableau deux chiffres qui modifient les autres en cascade, on peut se laisser prendre par l’illusion que le réel est simple et qu’on en fait ce qu’on veut.
(Cora dans la spirale de Message Vincent)
Elle se demandait si l’assurance avec laquelle les commentateurs faisaient valoir leurs prédictions n’était pas liée à leur certitude confortable qu’on avait oublié celles qu’ils tenaient dix ans plus tôt, qu’on ne lirait plus celles-ci dix ans plus tard, et que leurs articles ne risquaient pas non plus de tomber sous les yeux de lecteurs issus de pays plus pauvres ou moins démocratiques...
Dites-moi un peu : qui tombe ? sur qui ça tombe ? Après un certain nombre de rendez-vous ratés avec Dieu et de prières tâtonnantes, il fait le pari de croire, même si personne là-haut ne paraît décidé à lui donner le moindre signe d’existence, de présence ou de compassion.
Les scientifiques qui ont fondé l’étude des probabilités pointaient déjà cela en parlant de loi de la fréquence de l’erreur ou de la loi des grands nombres. « Prenez un large échantillon d’éléments chaotiques, écrivait par exemple Galton, et une espèce de régularité de toute beauté s’y révèle, qu’on ne soupçonnait pas.
On peut rêver d’un monde qui fonctionne autrement, mais c’est un monde lointain. La vérité, c’est que nous n’aimons pas nous restreindre
tant que nous n’avons pas de vision précise de ce que nos comportements mettent en péril, de ce que nos conduites à risque peuvent nous coûter, et tant qu’il n’en va pas de notre intérêt particulier. »
Une direction marketing et digital va se mettre en place, c’est Tommaso qui va en prendre la tête. Il ne sait pas ce que ça peut donner. On ne fonde pas une stratégie sur le digital : c’est une révolution industrielle à intégrer partout ; quand on s’est mis à travailler par téléphone, on n’a pas fondé pour autant une direction de la téléphonie.
C’est vrai qu’avec quelques graphiques, une courbe haute, une courbe basse, une courbe sinuant sagement entre les deux, et qui du coup paraît crédible, ou en changeant dans un tableau deux chiffres qui modifient les autres en cascade, on peut se laisser prendre par l’illusion que le réel est simple et qu’on en fait ce qu’on veut.
(Cora dans la spirale de Message Vincent)
16.5.20
8.5.20
Plus il y a d'experts, moins on comprend.
Heureusement, il reste les politiques.
J’ai suivi le débat à l’Assemblée Nationale la semaine dernière, monsieur le Premier Ministre.
Il y a là-bas des virtuoses du coronavirus.
Ils vous ont expliqué ce qu’il fallait faire hier,
ce qu’il n’aurait pas fallu faire,
ce qu’il faut faire aujourd’hui,
et ce qu’il faudra faire demain
Napoléon disait "L'histoire est une suite de mensonges sur lesquels ont s'est mis d'accord",
aujourd'hui il dirait ""L'histoire est une suite de mensonges qui ont le plus de like"
Il ne faut pas tout craindre mais il faut tout préparer (Richelieu)
(Claude Malhuret : discours au Sénat )
Heureusement, il reste les politiques.
J’ai suivi le débat à l’Assemblée Nationale la semaine dernière, monsieur le Premier Ministre.
Il y a là-bas des virtuoses du coronavirus.
Ils vous ont expliqué ce qu’il fallait faire hier,
ce qu’il n’aurait pas fallu faire,
ce qu’il faut faire aujourd’hui,
et ce qu’il faudra faire demain
Napoléon disait "L'histoire est une suite de mensonges sur lesquels ont s'est mis d'accord",
aujourd'hui il dirait ""L'histoire est une suite de mensonges qui ont le plus de like"
Il ne faut pas tout craindre mais il faut tout préparer (Richelieu)
(Claude Malhuret : discours au Sénat )
5.5.20
3.5.20
12.4.20
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
Mais on passe ses journées sans difficultés aussitôt qu'on a des habitudes.
Le directeur de l'hôtel ne peut plus parler d'autre chose.
Mais c'est aussi qu'il est vexé.
Découvrir des rats dans l'ascenseur d'un hôtel honorable lui paraît inconcevable.
Pour le consoler, je lui ai dit : “Mais tout le monde en est là.
"–Justement", m'a-t-il répondu, nous sommes maintenant comme tout le monde.
La presse, si bavarde dans l'affaire des rats, ne parlait plus de rien.
C'est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre.
Et les journaux ne s'occupent que de la rue.
Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, c'est trop bête.»
Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer.
La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi.
Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l'avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu'il y aura des fléaux.
Richard déclara qu'à son avis, il ne fallait pas céder à l'affolement :
il s'agissait d'une fièvre à complications inguinales, c'était tout ce qu'on pouvait dire, les hypothèses, en science comme dans la vie, étant toujours dangereuses.
La formule m'est indifférente, dit Rieux.
Disons seulement que nous ne devons pas agir comme si la moitié de la ville ne risquait pas d'être tuée, car alors elle le serait.
A la vérité, il fallut plusieurs jours pour que nous nous rendissions compte que nous nous trouvions dans une situation sans compromis, et que les mots « transiger », « faveur », « exception » n'avaient plus de sens.
Impatients de leur présent, ennemis de leur passé et privés d'avenir, nous ressemblions bien ainsi à ceux que la justice ou la haine humaines font vivre derrière des barreaux.
–Ce n'est pas une raison suffisante. Cette histoire est stupide, je sais bien, mais elle nous concerne tous. Il faut la prendre comme elle est.
–Mais je ne suis pas d'ici !–A partir de maintenant, hélas ! vous serez d'ici comme tout le monde.
Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée.
(extraits de La peste, d'Albert Camus)
Mais on passe ses journées sans difficultés aussitôt qu'on a des habitudes.
Le directeur de l'hôtel ne peut plus parler d'autre chose.
Mais c'est aussi qu'il est vexé.
Découvrir des rats dans l'ascenseur d'un hôtel honorable lui paraît inconcevable.
Pour le consoler, je lui ai dit : “Mais tout le monde en est là.
"–Justement", m'a-t-il répondu, nous sommes maintenant comme tout le monde.
La presse, si bavarde dans l'affaire des rats, ne parlait plus de rien.
C'est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre.
Et les journaux ne s'occupent que de la rue.
Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, c'est trop bête.»
Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer.
La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi.
Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l'avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu'il y aura des fléaux.
Richard déclara qu'à son avis, il ne fallait pas céder à l'affolement :
il s'agissait d'une fièvre à complications inguinales, c'était tout ce qu'on pouvait dire, les hypothèses, en science comme dans la vie, étant toujours dangereuses.
La formule m'est indifférente, dit Rieux.
Disons seulement que nous ne devons pas agir comme si la moitié de la ville ne risquait pas d'être tuée, car alors elle le serait.
A la vérité, il fallut plusieurs jours pour que nous nous rendissions compte que nous nous trouvions dans une situation sans compromis, et que les mots « transiger », « faveur », « exception » n'avaient plus de sens.
Impatients de leur présent, ennemis de leur passé et privés d'avenir, nous ressemblions bien ainsi à ceux que la justice ou la haine humaines font vivre derrière des barreaux.
–Ce n'est pas une raison suffisante. Cette histoire est stupide, je sais bien, mais elle nous concerne tous. Il faut la prendre comme elle est.
–Mais je ne suis pas d'ici !–A partir de maintenant, hélas ! vous serez d'ici comme tout le monde.
Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée.
(extraits de La peste, d'Albert Camus)
10.4.20
Cette phrase, elle l’entendrait souvent. À cet instant précis, elle comprit qu’elle était une étrangère, une femme, une épouse, un être à la merci des autres. Amine était sur son territoire à présent, c’était lui qui expliquait les règles, qui disait la marche à suivre, qui traçait les frontières de la pudeur, de la honte et de la bienséance.
Elles voulaient toujours savoir ce qu’il y avait à l’intérieur des choses : dans le ventre des animaux, dans les tiges des fleurs, dans les troncs des arbres. Elles voulaient éventrer le monde dans l’espoir de percer son mystère.
La charité, dit-il, est un devoir de musulman.—C’est aussi un devoir de chrétien.—Alors nous sommes d’accord. Il n’y a rien à ajouter. » *
Chez Omar, la soif de vivre allait de pair avec l’envie de détruire : détruire les mensonges, casser les images, réduire en bouillie le langage, les intérieurs crasseux pour faire surgir un ordre nouveau dont il pourrait être l’un des maîtres.
Tandis qu’elle pénétrait dans la maison, qu’elle traversait le salon baigné par le soleil d’hiver, qu’elle faisait porter sa valise dans sa chambre, elle pensa que c’était le doute qui était néfaste, que c’était le choix qui créait de la douleur et qui rongeait les âmes. Maintenant qu’elle était décidée, à présent qu’aucun retour en arrière n’était possible, elle se sentait forte. Forte de ne pas être libre. Et lui revint en mémoire ce vers d’Andromaque appris à l’école, elle la pathétique menteuse, l’actrice de théâtre imaginaire : « Je me livre en aveugle au destin qui m’entraîne. »
Ça, dit-il en montrant les plats du doigt, c’est du porc non ? Et ça, dit-il en soulevant les sourcils en direction des verres, c’est de l’alcool, n’est-ce pas ? » Amine le regarda, et d’une voix blanche il lui dit : « Mange, et tais-toi. » « Qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? » lui demanda-t-il ensuite, tandis qu’ils marchaient dans les rues sombres du village pour rejoindre leurs lits. « De quoi as-tu peur ? De l’enfer ? On y était et on en est revenus. »
Mais nous sommes tous en prison. Tant que nous vivrons dans un pays colonisé, nous ne pouvons pas nous dire libres. »
Le frère d’Amine lui rappelait ces hommes qu’il avait croisés autrefois, sur la route de son exil. Des hommes pleins de grands mots, des hommes bouffis d’idéal, qui à force de grands discours avaient épuisé en eux toute forme d’humanité.
(exraits de "Le pays des autres" de Leïla Slimani)
31.3.20
Q: Plus que la crise du coronavirus c'est donc l'écologie qui est le moteur de ce changement ?
R : L'écologie et la vie, c'est la même chose. La planète est un environnement confiné. On est déjà en environnement confiné depuis longtemps, en somme...
(Interview de Bernard Charlès, Dassault Systèmes, dans Le Point du 26 mars 2020)
R : L'écologie et la vie, c'est la même chose. La planète est un environnement confiné. On est déjà en environnement confiné depuis longtemps, en somme...
(Interview de Bernard Charlès, Dassault Systèmes, dans Le Point du 26 mars 2020)
29.3.20
Bien sûr, il percevait le nouveau danger qui le menaçait mais il avait pris l'habitude, comme tout politicien endurci, de déminer sa route et de se débarrasser, les unes après les autres, des bombes à retardement que les aléas du destin, ou ses adversaires, y déposaient consciencieusement. Cette fois, la coupe était pleine mais c'est le prix à payer quand on se rapproche de la plus haute marche du pouvoir.
(Patrick Poivre d'Arvor in L'Ambitieux)
(Patrick Poivre d'Arvor in L'Ambitieux)
27.3.20
26.3.20
25.3.20
22.3.20
14.3.20
I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat. We have before us an ordeal of the most grievous kind. We have before us many, many months of struggle and suffering.
....
You ask, what is our aim? I can answer in one word. It is victory. Victory at all costs — Victory in spite of all terrors — Victory, however long and hard the road may be, for without victory there is no survival. ...
(Speech given in the House of Commons on May 13, 1940 by Winston Churchill)
It is not the strongest of the species that survives, nor the most intelligent that survives. It is the one that is most adaptable to change.
(Charles Darwin)
....
You ask, what is our aim? I can answer in one word. It is victory. Victory at all costs — Victory in spite of all terrors — Victory, however long and hard the road may be, for without victory there is no survival. ...
(Speech given in the House of Commons on May 13, 1940 by Winston Churchill)
It is not the strongest of the species that survives, nor the most intelligent that survives. It is the one that is most adaptable to change.
(Charles Darwin)
8.3.20
1.3.20
24.2.20
22.2.20
15.2.20
2.2.20
Evolution du Coronavirus via
https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6
do you trust data ?
https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6
do you trust data ?
26.1.20
20.1.20
Claire n'avais pas osé s'exprimer, elle avait refusé de signer toutes les tribunes qui avaient été diffusées,
elle était restée à l'écart, son silence était son échec personnel, sa trahison intime.
Il y avait toujours un moment dans la vie ou l'on piétinait ses idéaux avec une velléité suspecte.
(Les choses humaines, Karine Tuil)
elle était restée à l'écart, son silence était son échec personnel, sa trahison intime.
Il y avait toujours un moment dans la vie ou l'on piétinait ses idéaux avec une velléité suspecte.
(Les choses humaines, Karine Tuil)
La maladie est la zone d'ombre de la vie, un territoire auquel il coûte cher d'appartenir.
En naissant, nous acquérons une double nationalité qui relève du royaume des bien portants
comme de celui des malades. Et bien que nous préférions tous présenter le bon passeport,
le jour vient où chacun de nous est contraint,
ne serait-ce qu'un court moment, de se reconnaître citoyen de l'autre contrée.
(Les choses humaines, Karine Tuil)
En naissant, nous acquérons une double nationalité qui relève du royaume des bien portants
comme de celui des malades. Et bien que nous préférions tous présenter le bon passeport,
le jour vient où chacun de nous est contraint,
ne serait-ce qu'un court moment, de se reconnaître citoyen de l'autre contrée.
(Les choses humaines, Karine Tuil)
18.1.20
Elle avait découvert la distorsion entre les discours engagés, humanistes, et les réalités de l'existence, l'impossible application des plus nobles idées quand les intérêts personnels mis en jeu annihilaient toute clairvoyance et engageaient tout ce qui constituait votre vie.
(Les choses humaines, Karine Tuil)
Le fait est que comprendre les autres n'est pas la règle dans la vie,
c'est de se tromper sur leur compte, encore et encore, encore et toujours, avec acharnement et,
après y avoir bien réfléchi, se tromper à nouveau.
C'est même comme ça qu'on sait qu'on est vivant : on se trompe.
Peut-être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui,
et continuer rien que pour la balade. Mais si vous y arrivez, vous… alors vous avez de la chance.
(Pastorale américaine, Philip Roth)
12.1.20
10.1.20
8.1.20
Pour remercier le prêtre, propriétaire du jardin attenant à son cabinet de travail,
d'avoir élagué l'arbre qui assombrissait son bureau,
Clemenceau lui envoya un mot commençant ainsi :
- Je puis bien vous appeler mon père puisque vous m’avez donné le jour.
En retour, le prêtre lui adressa une lettre qui débutait par :
- Je puis bien vous appeler mon fils puisque, grâce à moi, vous avez entrevu le ciel.
(In Anthologie de la répartie de Julien Colliat)
4.1.20
2.1.20
1.1.20
*** Florilège 2019 / BearIsCool ***
Entrepreneur is a state of mind, not a job title.
(Guy Kawasaki)
Je déteste qu'on tape sur mes collaborateurs.
Ceux qui le font sont des pines d'huître.
Qu'ils me critiquent moi!
(Edouard Philippe, premier ministre)
- La situation est tout de même inquiétante pour vous ...
- Je pense que la position de notre entreprise va légèrement se déprécier sur le court-terme. Mais, comme un alpiniste, la baisse de centre de gravité nous rendra plus stable, puis nous grimperons plus vite et plus haut.
(Ren Zhengfei, fondateur Huawei, entretien dans le Point du 4 juillet 2019)
Lorsque tu fais quelque chose,
sache que tu auras contre toi
ceux qui voulaient faire la même chose,
ceux qui voulaient faire le contraire
et l'immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire.
(Confucius)
"Lorsque les biens ne peuvent pas franchir les frontières, les soldats le font."
Même si je suis connu pour avoir répété que le business était une guerre sans balles, c’est en réalité un merveilleux rempart contre la guerre.
Le commerce constitue le chemin vers la coexistence et la coopération.
La paix se nourrit de la prospérité.
(Phil Knight in Shoe Dog)
The world's full of lonely people afraid to make the first move.
(Tony Lip in Green Book movie)
La politique, ça rend inculte, ... on devient rigide, un Pinocchio. (François Léotard)
"To BREXIT" : Verbe anglais. Se dire au revoir mais ne pas partir.
Il est impossible d'avoir quelque chose pour rien.
Le bonheur, il faut le payer.
(Le meilleur des mondes, Aldous Huxley)
C'est ça, une guerre d'indépendance:
pour répondre à la violence d'une poignée de combattants de la liberté qui se sont généralement formés eux-mêmes, dans un cave, une grotte ou un bout de forêt, une armée de métier, étincelante de canons en tout genres, s'en va écraser des civils qui partaient en promenade.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)
30.12.19
Il mènerait donc cette politique-là envers et contre tous,
pour le bien de la France. Il présentait les choses d'une manière punitive, forcément mal acceptée par les Français.
Je ne sais plus qui a dit : "On ne demande pas aux Français de se serrer la ceinture quand on arrive pas fermer la sienne."
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, à propos de Raymond Barre)
pour le bien de la France. Il présentait les choses d'une manière punitive, forcément mal acceptée par les Français.
Je ne sais plus qui a dit : "On ne demande pas aux Français de se serrer la ceinture quand on arrive pas fermer la sienne."
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, à propos de Raymond Barre)
29.12.19
A cette typo, insoupçonnable légèreté de lettres,
qui me donne l'illusion d'avoir bon caractère.
(Stéphane De Groodt)
28.12.19
27.12.19
Dans les années 60, le garage Miran donnait à la fois sur la rue du Penher et la rue du Père-Eternel.
Avenue Wilson s'affichait son slogan publicitaire :
« Vous pouvez tous crever. Miran est là pour vous réparer ! ».
23.12.19
21.12.19
Sanguinetti ? [.... ] Gaulliste fervent, chabaniste, il avait peu de considération pour Chirac.
"Il tout de l'officier de cavalerie, ironisait-il.
On lui donne un ordre, on croit qu'il a compris. Il part et il revient à fond de train car il a oublié l'ordre et le cheval."
Il faisait rire avec ses formules à l'emporte-pièce, dont Chirac était souvent la victime.
"Il faut que les petits chiens mangent du cirage pour savoir que ce n'est pas comestible."
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
"Il tout de l'officier de cavalerie, ironisait-il.
On lui donne un ordre, on croit qu'il a compris. Il part et il revient à fond de train car il a oublié l'ordre et le cheval."
Il faisait rire avec ses formules à l'emporte-pièce, dont Chirac était souvent la victime.
"Il faut que les petits chiens mangent du cirage pour savoir que ce n'est pas comestible."
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
Le Président lui avait répondu "on verra", ce qui dans sa bouche voulait dire non.
Chaban avait cru entendre oui.
L'un de ses premiers gestes allait être de mettre au placard quatre-vingt-dix journalistes restés fidèles au pouvoir en mai 1968.
A l'Elysée, depuis les bureaux voisins du Président on entendait paraît-il ses éclats de voix. "Vous avez nommé un ennemi".
Et Chaban de rétorquer : "Mais l'ennemi c'est l'étranger. En France, on a que des adversaires".
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
Chaban avait cru entendre oui.
L'un de ses premiers gestes allait être de mettre au placard quatre-vingt-dix journalistes restés fidèles au pouvoir en mai 1968.
A l'Elysée, depuis les bureaux voisins du Président on entendait paraît-il ses éclats de voix. "Vous avez nommé un ennemi".
Et Chaban de rétorquer : "Mais l'ennemi c'est l'étranger. En France, on a que des adversaires".
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
18.12.19
Elle n'avait qu'un seul but, l'intérêt du lecteur.
Consignes à tous : l'écriture devait être alerte, pimpante, non alambiquée.
Elle avait même édicté un certain nombre de règles : soigner la première phase.
L'attaque était capitale.
"Inutile d'avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième."
Et encore : "Si on peut couper dix lignes dans un article sans en enlever une idée, c'est qu'elles étaient de trop."
Faire court, soigner la chute.
La conclusion du papier devrait répondre à la promesse implicite faite au lecteur à la première ligne.
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, en parlant de Françoise Giroud)
Consignes à tous : l'écriture devait être alerte, pimpante, non alambiquée.
Elle avait même édicté un certain nombre de règles : soigner la première phase.
L'attaque était capitale.
"Inutile d'avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième."
Et encore : "Si on peut couper dix lignes dans un article sans en enlever une idée, c'est qu'elles étaient de trop."
Faire court, soigner la chute.
La conclusion du papier devrait répondre à la promesse implicite faite au lecteur à la première ligne.
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, en parlant de Françoise Giroud)
11.12.19
8.12.19
Quelle vulgarité ! Partir comme un voleur.
Pas même l’audace, la belle folie de Gambetta s’envolant en ballon,
sous les vivats du peuple de Paris, et sous les balles des Prussiens,
pour sauver la République.
Non, décidément, cette idée de se faire la belle par les airs lui répugne.
(Le Général a disparu, Georges-Marc Benamou)
7.12.19
Il y aurait une limite "supportable" relative à chaque époque : il s'agit de la trouver.
Il s'emploie donc à trouver ce chiffre de "morts supportables".
Il se lance dans un savant et acrobatique calcul. Etablit une péréquation entre le nombre de tués, le charisme du chef et l'âge du régime politique.
Fixe un quotient au XX° siècle. Corrige le premier chiffre, forcément faramineux, par ce quotient du siècle.
Un chiffre sort, on ne sait comment, de ce calcul inspiré.
Deux cent morts. Deux cent morts, c'est le maximum acceptable pour lui, mais tout compris.
Il comptait dans ce chiffre la totalité des actions de reprise de contrôle du pays, à Paris et en Province.
Au-delà, ce serait un "carnage"; et il ne s'en remettrait pas. Au terme de ce parcours arithmétique, il se trouve un peu dépité.
"Deux cent morts ... Même de Gaulle ne peut se permettre plus, hélas".
Son "hélas" est sincère, désolé, clinique.
(Le Général a disparu, Georges-Marc Benamou)
Dieu est un scénariste médiocre, c’est la conviction que presque cinquante années d’existence m’ont amené à former,
et plus généralement Dieu est un médiocre, tout dans sa création porte la marque de l’approximation et du ratage,
quand ce n’est pas celle de la méchanceté pure et simple,
bien sûr il y a des exceptions,
il y a forcément des exceptions, la possibilité du bonheur devait subsister ne fût-ce qu’à titre d’appât, enfin je m’égare...
(Michel Houellebecq, Sérotonine)
5.12.19
... après le prévisible emballement commercial qui suivrait mes obsèques nationales (l’idée de demander à Arielle Dombasle de chanter le Requiem de Mozart a cappella pour emmerder mes survivants me traversa l’esprit) combien de temps durerait mon séjour au purgatoire des lettres ? Et à qui confier mon oraison funèbre pour être absolument certain qu’elle soit chiante (Modiano ou Le Clézio) ? Je pouvais aussi tout arrêter, fuir la pression médiatique, les polémiques, les surenchères… mais là le risque était de finir comme Salinger qui n’avait jamais vraiment réussi son come-back.
(Pascal Fioretto, Mélatonine)
(Pascal Fioretto, Mélatonine)
4.12.19
C'est une des règles de politesse élémentaire que Yema enseigne à ses enfants :
lorsque quelqu'un dit qu'il a mal, on le croit, on le plaint.
Les Français ne connaissent pas, selon elle, cet art de vivre.
Quand tu dis que tu as mal, ils répondent "Mais non", "C'est rien du tout" ou bien "Ça va aller".
Ici, dans le salon brillant, si quelqu'un dit: "j'ai mal au dos", l'assemblée entière répond "Meskin" avec le plus grand sérieux.
Pauvre de toi. Hochements de tête lourds de compassion.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)
lorsque quelqu'un dit qu'il a mal, on le croit, on le plaint.
Les Français ne connaissent pas, selon elle, cet art de vivre.
Quand tu dis que tu as mal, ils répondent "Mais non", "C'est rien du tout" ou bien "Ça va aller".
Ici, dans le salon brillant, si quelqu'un dit: "j'ai mal au dos", l'assemblée entière répond "Meskin" avec le plus grand sérieux.
Pauvre de toi. Hochements de tête lourds de compassion.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)
2.12.19
Si la vie se résumait l'assouvissement des besoins physiologiques en vue de la reproduction de l'espèce, la perspective était encourageante :
nous pourrions copuler dans des cubes de bétons connectés au Wifi en mangeant des insectes.
Mais si l'on demandait à notre passage sur la Terre sa part de beauté et si la vie était une partie jouée dans un jardin magique, la disparition des bêtes s'annonçait une nouvelle atroce. La pire de toutes. Elle avait été accueillie dans l'indifférence.
Le cheminot défend le cheminot.
L'homme se préoccupe de l'homme.
L'humanisme est un syndicalisme comme un autre.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
1.12.19
30.11.19
A Paris, je butinais des passions désordonnées. "Nos vies hâtives" avait dit un poète.
Ici, dans le canyon, nous scrutions des paysages sans garantie de moissons.
On attendait une ombre, en silence, face au vide.
C'était le contraire d'une promesse publicitaire: nous endurions le froid sans certitude d'un résultat.
Au "tout, tout de suite" de l'épilepsie moderne, s'opposait le "sans doute rien, jamais" de l'affût.
Ce luxe de passer une journée entière à attendre l'improbable !
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
Ici, dans le canyon, nous scrutions des paysages sans garantie de moissons.
On attendait une ombre, en silence, face au vide.
C'était le contraire d'une promesse publicitaire: nous endurions le froid sans certitude d'un résultat.
Au "tout, tout de suite" de l'épilepsie moderne, s'opposait le "sans doute rien, jamais" de l'affût.
Ce luxe de passer une journée entière à attendre l'improbable !
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
27.11.19
L'homme souffrait de son indétermination génétique: le prix à payer était l'indécision.
...
L'homme brûlait de faire ce qu'il redoutait, aspirait à transgresser ce qu'il venait de bâtir,
rêvait d'autres aventures une fois rentré chez lui mais pleurait Pénélope dès qu'il naviguait.
Capable de tous les embarquements possibles, il se condamnait à n'être jamais content.
Il rêvait de l'"en même temps".
Mais l'"en même temps" n'est pas biologiquement possible, ni psychologiquement souhaitable, ni politiquement rentable.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
Je me consolais de mon inaptitude.
Il y avait une jouissance à ce savoir scruté dans rien soupçonner.
Fragment d'Héraclite : "La nature aime à se cacher".
Que signifiait cette énigme ?
La nature se cachait-elle pour échapper à la dévoration ? Se cachait-elle parce que la force n'a pas besoin de manifestation ?
Tout n'avait pas été créé pour le regard de l'homme.
L'infiniment petit échappait à notre raison, l'infiniment grand à notre voracité, les bêtes sauvages à notre observation.
Les animaux régnaient et, comme le cardinal de Richelieu espionnant son peuple, ils nous surveillaient.
Je les savais en vie circulant dans la labyrinthe. Et cette bonne nouvelle était ma jouvence.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
Il y avait une jouissance à ce savoir scruté dans rien soupçonner.
Fragment d'Héraclite : "La nature aime à se cacher".
Que signifiait cette énigme ?
La nature se cachait-elle pour échapper à la dévoration ? Se cachait-elle parce que la force n'a pas besoin de manifestation ?
Tout n'avait pas été créé pour le regard de l'homme.
L'infiniment petit échappait à notre raison, l'infiniment grand à notre voracité, les bêtes sauvages à notre observation.
Les animaux régnaient et, comme le cardinal de Richelieu espionnant son peuple, ils nous surveillaient.
Je les savais en vie circulant dans la labyrinthe. Et cette bonne nouvelle était ma jouvence.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
26.11.19
...je m'étais dit qu'il était fort dommage d'affubler du même nom de chasseur l'homme éventrant le mammouth d'un coup d'épieu et le monsieur à double menton distribuant sa volée de plomb à un faisan obèse, entre le cognac et le chaource. L'usage d'un mot similaire pour qualifier des opposés n'arrange rien à la souffrance du monde.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
25.11.19
Les scientifiques le regardaient de haut. Munier considérait la nature en artiste.
Il ne valait rien pour les obsédés de la calculette, serviteurs du "règne de la quantité".
J'en avais rencontré quelqu'uns de ces calculateurs. Ils baguaient les colibris et éventraient les goélands pour prélever des échantillons de bile. Ils mettaient le réel en équation. Les chiffres s'additionnaient. La poésie ? Absente.
La connaissance progressait-elle ? Pas sûr.
La science masquait ses limites derrière l'accumulation des données numériques.
L'entreprise de mise en nombre du monde prétendait fait avancer le savoir. C'était prétentieux.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
24.11.19
Pour expliquer la Révolution, on ne parlera pas de multiculturalisme, ce serait anachronique, mais de délitement général et d'éclatement de la société : "Plus semblables entre eux" que les autres peuples note Tocqueville, les Français étaient à la fin du XVIIII siècle, "plus séparés qu'ils ne l'avaient jamais été en petits groupes étrangers et indifférents les uns aux autres"
Dans L'Identité malheureuse, où se retrouvent tant de Français comme dans un miroir, Alain Finkielkraut ne dit pas autre chose. Additionnez deux de nos concitoyens, ces temps-ci, ça fera toujours une division.
(Franz-Olivier Giesbert, Le théâtre des incapables)
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