L'optimisme, ce n'est pas le refus de voir ce qui ne va pas, c'est le désir de ne pas s'y attarder. // Donne moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d'accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux. (Marc Aurèle) // Don't raise your voice; improve your argument. (Desmond Tutu) // Be the change you want to see in the world. (Gandhi)

29.3.20

Charles réalisait que ces calculs ne l'honoraient pas mais le mode de fonctionnement des politiques est ainsi fait. 
Toujours prévoir, anticiper, choisir le moindre mal et se blinder face à l'émotion.
(Patrick Poivre d'Arvor in L'Ambitieux)

27.3.20

On ne repousse pas ses limites, on les découvre. 
(Jean-Louis Etienne)

26.3.20

Dès qu’on a pensé quelque chose, 
chercher dans quel sens le contraire est vrai. 
(Simone Weil)

25.3.20

En mai 1968 l'économie était bloquée, et nous étions tous dehors.
Aujourd'hui l'économie est aussi bloquée, et nous sommes tous (enfermés) dedans.
(Luc Ferry, LCI, 22/03/2020)

22.3.20

Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées.
(Emmanuel Macron, lundi 16/03/2020, à propos de la crise du coronavirus)

14.3.20

I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat. We have before us an ordeal of the most grievous kind. We have before us many, many months of struggle and suffering.
....
 You ask, what is our aim? I can answer in one word. It is victory. Victory at all costs — Victory in spite of all terrors — Victory, however long and hard the road may be, for without victory there is no survival. ... 
 (Speech given in the House of Commons on May 13, 1940 by Winston Churchill)


It is not the strongest of the species that survives, nor the most intelligent that survives. It is the one that is most adaptable to change. 
(Charles Darwin)

10.3.20



Apprenez les règles comme un professionnel, 
pour que vous puissiez les briser comme un artiste. 
(Pablo Picasso)

8.3.20

From BearIsCool to Twitter@omarecha push through https://dlvrit.com
TRY TO FIX MY TWITTER ACCOUNT

1.3.20



De là d'où je viens, 
c'est-à-dire du peuple, 
quand on peut prendre on prend ! 

Que reste-t-il des idéaux sous la mitraille
Quand les prêcheurs sont à l'abri de la bataille
(in la vie ne m'apprend rien de Balavoine)

24.2.20

La France est élastique : 
on se relève de tout, même d'un canapé . 

(Lamartine, après avoir été pris en flagrant délit d'adultère ou bien a propos de Victor Hugo surpris dans les bras d'une femme , cela varie suivant les sources) 
Au XXème siècle, la liberté d'expression, c'était pouvoir parler à tous. 
Au XXIème siècle, c'est choisir qui écoute et qui regarde. 
(Pierre Bellanger, créateur de Skred, in Le Point du 20/02/2020)

22.2.20

En temps de tyrannie, écrire c’est bien, combattre c’est mieux. 
(In Victor Hugo : Aux frontières de l'exil)

18.2.20

Vous savez dans la vie il n'y a pas de hasard,
il n'y a que des rendez-vous. 
(Jean Guitton)

15.2.20


Les vieillards donnent de bons conseils, 
pour n'être plus en âge de donner de mauvais exemples ! 
(Sacha Guitry)

1.2.20

Donnez-moi de bons cuisiniers, 
je vous ferai de bons traités. 
(Talleyrand à Napoléon)

26.1.20

Elle avait imaginé une autre issue pour eux. 
Vivre, c'était s'habituer à revoir ses prétentions à la baisse. 
(Les choses humaines, Karine Tuil)



Once you carry your own water, 
you will learn the value of every drop.


20.1.20

Claire n'avais pas osé s'exprimer, elle avait refusé de signer toutes les tribunes qui avaient été diffusées, 
elle était restée à l'écart, son silence était son échec personnel, sa trahison intime. 
Il y avait toujours un moment dans la vie ou l'on piétinait ses idéaux avec une velléité suspecte.
(Les choses humaines, Karine Tuil)

La maladie est la zone d'ombre de la vie, un territoire auquel il coûte cher d'appartenir.
En naissant, nous acquérons une double nationalité qui relève du royaume des bien portants 
comme de celui des malades. Et bien que nous préférions tous présenter le bon passeport, 
le jour vient où chacun de nous est contraint, 
ne serait-ce qu'un court moment, de se reconnaître citoyen de l'autre contrée.
(Les choses humaines, Karine Tuil)

18.1.20


Elle avait découvert la distorsion entre les discours engagés, humanistes, et les réalités de l'existence, l'impossible application des plus nobles idées quand les intérêts personnels mis en jeu annihilaient  toute clairvoyance et engageaient tout ce qui constituait votre vie. 
(Les choses humaines, Karine Tuil)


Le fait est que comprendre les autres n'est pas la règle dans la vie, 
c'est de se tromper sur leur compte, encore et encore, encore et toujours, avec acharnement et, 
après y avoir bien réfléchi, se tromper à nouveau.
C'est même comme ça qu'on sait qu'on est vivant : on se trompe. 
Peut-être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui, 
et continuer rien que pour la balade. Mais si vous y arrivez, vous… alors vous avez de la chance.
(Pastorale américaine, Philip Roth)

16.1.20



A brief should like a skirt. 
Long enough to cover the essentials, 
short enough to be interesting. 

12.1.20


La loi doit protéger la foi 
aussi longtemps que la foi ne prétend pas dire la loi.
 (Aristide Briand)

10.1.20

Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le. Celui qui sait qu'il sait, écoute le. Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le. Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le. (Proverbe chinois)

8.1.20


Pour remercier le prêtre, propriétaire du jardin attenant à son cabinet de travail, 
d'avoir élagué l'arbre qui assombrissait son bureau, 
Clemenceau lui envoya un mot commençant ainsi :

- Je puis bien vous appeler mon père puisque vous m’avez donné le jour.

En retour, le prêtre lui adressa une lettre qui débutait par :
- Je puis bien vous appeler mon fils puisque, grâce à moi, vous avez entrevu le ciel.

(In Anthologie de la répartie de Julien Colliat)


Voulant railler la maigreur de George Bernard Shaw, 
Winston Churchill lui lança :

- À vous voir, tout le monde pourrait penser que la famine règne en Angleterre.

- À vous voir, tout le monde pourrait penser que c’est vous qui en êtes la cause.

(In Anthologie de la répartie de Julien Colliat)

4.1.20

Mes amis, retenez ceci, 
il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. 
Il n'y a que de mauvais cultivateurs. 
(Victor Hugo)

2.1.20

La peur de quelque chose est la graine qui mène à la haine des autres, 
et la haine portée en soi finit par détruire celui qui la nourrit.
(George Washington Carver)

1.1.20


*** Florilège 2019 / BearIsCool ***
Entrepreneur is a state of mind, not a job title.
(Guy Kawasaki)

Je déteste qu'on tape sur mes collaborateurs. 
Ceux qui le font sont des pines d'huître.
Qu'ils me critiquent moi!
(Edouard Philippe, premier ministre)

- La situation est tout de même inquiétante pour vous ... 
- Je pense que la position de notre entreprise va légèrement se déprécier sur le court-terme. Mais, comme un alpiniste, la baisse de centre de gravité nous rendra plus stable, puis nous grimperons plus vite et plus haut. 
(Ren Zhengfei, fondateur Huawei, entretien dans le Point du 4 juillet 2019)

Lorsque tu fais quelque chose, 
sache que tu auras contre toi 
ceux qui voulaient faire la même chose, 
ceux qui voulaient faire le contraire 
et l'immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. 
(Confucius)

"Lorsque les biens ne peuvent pas franchir les frontières, les soldats le font."
Même si je suis connu pour avoir répété que le business était une guerre sans balles, c’est en réalité un merveilleux rempart contre la guerre. 
Le commerce constitue le chemin vers la coexistence et la coopération. 
La paix se nourrit de la prospérité. 
(Phil Knight in Shoe Dog)

The world's full of lonely people afraid to make the first move.
(Tony Lip in Green Book movie)

La politique, ça rend inculte, ... on devient rigide, un Pinocchio. (François Léotard)

"To BREXIT" : Verbe anglais. Se dire au revoir mais ne pas partir. 

Il est impossible d'avoir quelque chose pour rien. 
Le bonheur, il faut le payer.
(Le meilleur des mondes, Aldous Huxley)

C'est ça, une guerre d'indépendance:
pour répondre à la violence d'une poignée de combattants de la liberté qui se sont généralement formés eux-mêmes, dans un cave, une grotte ou un bout de forêt, une armée de métier, étincelante de canons en tout genres, s'en va écraser des civils qui partaient en promenade. 

(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

30.12.19

Chirac, était venu les remercier pour leur coup d'audace. 
Sans vous, disait-il, je n'aurai jamais été maire de Paris. 
"C'est bien la première fois qu'un cheval remercie son jockey" avait rétorqué Pierre Juillet.  
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
Il mènerait donc cette politique-là envers et contre tous, 
pour le bien de la France. Il présentait les choses d'une manière punitive, forcément mal acceptée par les Français. 
Je ne sais plus qui a dit : "On ne demande  pas aux Français de se serrer la ceinture quand on arrive pas fermer la sienne."
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, à propos de Raymond Barre)

29.12.19

Aller au bout de soi-même 
et se rendre compte qu'il n'y a personne.
 (Stéphane De Groodt)


A cette typo, insoupçonnable légèreté de lettres, 
qui me donne l'illusion d'avoir bon caractère. 
(Stéphane De Groodt)

28.12.19

Certains considèrent le Chef d’entreprise comme un loup qu’on devrait abattre,
d’autres pensent que c’est une vache qu’on peut traire sans arrêt,
peu voient en lui le cheval qui tire la charrette.
(Winston Churchill)

27.12.19



Dans les années 60, le garage Miran donnait à la fois sur la rue du Penher et la rue du Père-Eternel.
Avenue Wilson s'affichait son slogan publicitaire : 
« Vous pouvez tous crever. Miran est là pour vous réparer ! ». 

26.12.19




La capacité de parler plusieurs langues est un atout. 
Mais celle de fermer sa gueule est inestimable. 
(Michel Audiard)





23.12.19

Cet anticommuniste de "l'espère primaire" comme il se définissait lui- même, plaidait que la politique  est
 "le choix relatif entre le préférable et le détestable."
 Le manichéisme n'était pas son affaire. 
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, en parlant de Claude Imbert)

21.12.19

Sanguinetti ?  [.... ] Gaulliste fervent, chabaniste, il avait peu de considération pour Chirac. 
"Il tout de l'officier de cavalerie, ironisait-il.  
On lui donne un ordre, on croit qu'il a compris. Il part et il revient à fond de train car il a oublié l'ordre et le cheval."

Il faisait rire avec ses formules à l'emporte-pièce, dont Chirac était souvent la victime. 
"Il faut que les petits chiens mangent du cirage pour savoir que ce n'est pas comestible." 
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
Le Président lui avait répondu "on verra", ce qui dans sa bouche voulait dire non. 
Chaban avait cru entendre oui. 
L'un de ses premiers gestes allait être de mettre au placard quatre-vingt-dix journalistes restés fidèles au pouvoir en mai 1968. 
A l'Elysée, depuis les bureaux voisins du Président on entendait paraît-il ses éclats de voix. "Vous avez nommé un ennemi". 
Et Chaban de rétorquer : "Mais l'ennemi c'est l'étranger. En France, on a que des adversaires". 
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)

18.12.19


Trouvant à juste raison mes écrits bien plats, Philippe Boegner, le patron, un homme charmant, m'avait fait venir dans son bureau pour me dire : 
"Parfois il vaut mieux inventer que décevoir". 
Je n'ai pas oublié la leçon mais ne n'ai pas retenu le conseil. 
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay)
Elle n'avait qu'un seul but, l'intérêt du lecteur. 
Consignes à tous  : l'écriture devait être alerte, pimpante, non alambiquée. 
Elle avait même édicté un certain nombre de règles : soigner la première phase. 
L'attaque était capitale. 
"Inutile d'avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième."
Et encore : "Si on peut couper dix lignes dans un article sans en enlever une idée, c'est qu'elles étaient de trop."
Faire court, soigner la chute. 
La conclusion du papier devrait répondre à la promesse implicite faite au lecteur à la première ligne. 
(Souvenirs souvenirs ..., Catherine Nay, en parlant de Françoise Giroud)

15.12.19




Lorsque tu fais quelque chose, 
sache que tu auras contre toi 
ceux qui voulaient faire la même chose, 
ceux qui voulaient faire le contraire 
et l'immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. 
(Confucius)

11.12.19


-Tu as déjà joué à ce jeu "qu'est ce que tu emporterais sur une île déserte ?"
-Évidemment
-A ma connaissance, personne n'a jamais répondu "Mes morts". 
Et pourtant, depuis qu'on est revenus ici, ce sont eux qui me manquent.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

Je suis un ex-suicidaire, 
qui serait prêt à devenir immortel, 
pour peu qu'on le menace tous les jours... 
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

8.12.19


Quelle vulgarité ! Partir comme un voleur. 
Pas même l’audace, la belle folie de Gambetta s’envolant en ballon, 
sous les vivats du peuple de Paris, et sous les balles des Prussiens, 
pour sauver la République. 
Non, décidément, cette idée de se faire la belle par les airs lui répugne. 
(Le Général a disparu, Georges-Marc Benamou)


... et là, je commençais à toucher du doigt à quel point je n'avais plus rien à faire avec eux, 
je n'avais pas la même façon de voir les choses;
ils vivaient la vie des gens, 
moi j'en vivais. 
(Pascal Fioretto, Mélatonine)

7.12.19


Il y aurait une limite "supportable" relative à chaque époque : il s'agit de la trouver. 
Il s'emploie donc à trouver ce chiffre de "morts supportables". 
Il se lance dans un savant et acrobatique calcul.  Etablit une péréquation entre le nombre de tués, le charisme du chef et l'âge du régime politique. 
Fixe un quotient au XX° siècle. Corrige le premier chiffre, forcément faramineux, par ce quotient du siècle.
Un chiffre sort, on ne sait comment, de ce calcul inspiré. 
Deux cent morts. Deux cent morts, c'est le maximum acceptable pour lui, mais tout compris. 
Il comptait dans ce chiffre la totalité des actions de reprise de contrôle du pays, à Paris et en Province. 
Au-delà, ce serait un "carnage"; et il ne s'en remettrait pas. Au terme de ce parcours arithmétique, il se trouve un peu dépité. 
"Deux cent morts ... Même de Gaulle ne peut se permettre plus, hélas". 
Son "hélas" est sincère, désolé, clinique. 
(Le Général a disparu, Georges-Marc Benamou)


Dieu est un scénariste médiocre, c’est la conviction que presque cinquante années d’existence m’ont amené à former, 
et plus généralement Dieu est un médiocre, tout dans sa création porte la marque de l’approximation et du ratage,
quand ce n’est pas celle de la méchanceté pure et simple, 
bien sûr il y a des exceptions, 
il y a forcément des exceptions, la possibilité du bonheur devait subsister ne fût-ce qu’à titre d’appât, enfin je m’égare...
(Michel Houellebecq, Sérotonine)

5.12.19

... après le prévisible emballement commercial qui suivrait mes obsèques nationales (l’idée de demander à Arielle Dombasle de chanter le Requiem de Mozart a cappella pour emmerder mes survivants me traversa l’esprit) combien de temps durerait mon séjour au purgatoire des lettres ? Et à qui confier mon oraison funèbre pour être absolument certain qu’elle soit chiante (Modiano ou Le Clézio) ? Je pouvais aussi tout arrêter, fuir la pression médiatique, les polémiques, les surenchères… mais là le risque était de finir comme Salinger qui n’avait jamais vraiment réussi son come-back.
(Pascal Fioretto, Mélatonine)


Conformément au plan Challe, une pluie de pierres précieuses s'abat sur le pays à l'automne :
 opérations Rubis, Topaze, Saphir, Turquoise, Émeraude. 
La mort qui tombe sur la région du Constantinois a rarement porté d'aussi jolis noms.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

4.12.19

C'est une des règles de politesse élémentaire que Yema enseigne à ses enfants : 
lorsque quelqu'un dit qu'il a mal, on le croit, on le plaint. 
Les Français ne connaissent pas, selon elle, cet art de vivre. 
Quand tu dis que tu as mal, ils répondent "Mais non", "C'est rien du tout" ou bien "Ça va aller". 
Ici, dans le salon brillant, si quelqu'un dit: "j'ai mal au dos", l'assemblée entière répond "Meskin" avec le plus grand sérieux. 
Pauvre de toi. Hochements de tête lourds de compassion.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)


Fabuler d'un autre monde que le nôtre n'a aucun sens. 
 (Nietzsche, Crépuscule des idoles). 

2.12.19


Si la vie se résumait l'assouvissement des besoins physiologiques en vue de la reproduction de l'espèce, la perspective était encourageante : 
nous pourrions copuler dans des cubes de bétons connectés au Wifi en mangeant des insectes. 
Mais si l'on demandait à notre passage sur la Terre sa part de beauté et si la vie était une partie jouée dans un jardin magique, la disparition des bêtes s'annonçait une nouvelle atroce. La pire de toutes. Elle avait été accueillie dans l'indifférence. 
Le cheminot défend le cheminot. 
L'homme se préoccupe de l'homme. 
L'humanisme est un syndicalisme comme un autre. 
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)


Quand un officier a dans la tête un secret redoutable, 
il ne le confie pas, même à son képi !
(in le film J'accuse)

1.12.19

Remarquez, commandant Picquart : les Romains jetaient les chrétiens aux lions; nous leur servons des Juifs. C’est un progrès, me semble-t-il.
(Au début du film J'accuse)
- Je vous ai dit que je ne voulais pas d'une autre affaire Dreyfus.
- Il ne s'agit pas d'une nouvelle affaire Dreyfus, mon général. C'est toujours la même.
(in le film J'accuse)

30.11.19

A Paris, je butinais des passions désordonnées. "Nos vies hâtives" avait dit un poète. 
Ici, dans le canyon, nous scrutions des paysages sans garantie de moissons. 
On attendait une ombre, en silence, face au vide. 
C'était le contraire d'une promesse publicitaire: nous endurions le froid sans certitude d'un résultat. 
Au "tout, tout de suite" de l'épilepsie moderne, s'opposait le "sans doute rien, jamais" de l'affût. 
Ce luxe de passer une journée entière à attendre l'improbable !
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)

Chaque troupeau se frôlait, aucune ne se mêlait aux autres et les ânes filèrent sans déranger personne. 
Chez les bêtes, on voisine, on se supporte mais on ne copine pas. 
Ne pas tout mélanger: bonne solution pour la vie en groupe. 
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)

27.11.19



L'homme souffrait de son indétermination  génétique: le prix à payer était l'indécision. 
...
L'homme brûlait de faire ce qu'il redoutait, aspirait à transgresser ce qu'il venait de bâtir, 
rêvait d'autres aventures une fois rentré chez lui mais pleurait Pénélope dès qu'il naviguait. 
Capable de tous les embarquements possibles, il se condamnait à n'être jamais content. 
Il rêvait de l'"en même temps".  
Mais l'"en même temps" n'est pas biologiquement  possible, ni psychologiquement souhaitable, ni politiquement rentable.
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)

Je me consolais de mon inaptitude. 
Il y avait une jouissance à ce savoir scruté dans rien soupçonner. 
Fragment d'Héraclite : "La nature aime à se cacher". 
Que signifiait cette énigme ? 
La nature se cachait-elle pour échapper à la dévoration ? Se cachait-elle parce que la force n'a pas besoin de manifestation ? 
Tout n'avait pas été créé pour le regard de l'homme.  
L'infiniment petit échappait à notre raison, l'infiniment grand à notre voracité, les bêtes sauvages à notre observation. 
Les animaux régnaient et, comme le cardinal de Richelieu espionnant son peuple, ils nous surveillaient. 
Je les savais en vie circulant dans la labyrinthe. Et cette bonne nouvelle était ma jouvence. 
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)

26.11.19

...je m'étais dit qu'il était fort dommage d'affubler du même nom de chasseur l'homme éventrant le mammouth d'un coup d'épieu et le monsieur à double menton distribuant sa volée de plomb à un faisan obèse, entre le cognac et le chaource. L'usage d'un mot similaire pour qualifier des opposés n'arrange rien à la souffrance du monde. 
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)
Car c'est ainsi que nous allons, 
barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé.
(Francis Scott Fitzgerald, dernière phrase dans Gatsby le Magnifique)

25.11.19



Les scientifiques le regardaient de haut. Munier considérait la nature en artiste. 
Il ne valait rien pour les obsédés de la calculette, serviteurs du "règne de la quantité". 
J'en avais rencontré quelqu'uns de ces calculateurs. Ils baguaient les colibris et éventraient les goélands pour prélever des échantillons de bile. Ils mettaient le réel en équation. Les chiffres s'additionnaient. La poésie ? Absente. 
La connaissance progressait-elle ? Pas sûr. 
La science masquait ses limites derrière l'accumulation des données numériques. 
L'entreprise de mise en nombre du monde prétendait fait avancer le savoir. C'était prétentieux. 
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)


Jusqu'alors, j'avais couru de la Yakoutie à la Seine-et-Oise, 
obéissant à trois principes : 
L'imprévu ne venant jamais à soi, il faut le traquer partout.
Le mouvement féconde l'inspiration.
L'ennui court moins vite qu'un homme pressé. 
(Sylvain Tesson, La panthère des neiges)

24.11.19


Pour expliquer la Révolution, on ne parlera pas de multiculturalisme, ce serait anachronique, mais de délitement général et d'éclatement de la société : "Plus semblables entre eux" que les autres peuples note Tocqueville, les Français étaient à la fin du XVIIII siècle, "plus séparés qu'ils ne l'avaient jamais été en petits groupes étrangers et indifférents les uns aux autres"
Dans L'Identité malheureuse, où se retrouvent tant de Français comme dans un miroir, Alain Finkielkraut ne dit pas autre chose. Additionnez deux de nos concitoyens, ces temps-ci, ça fera toujours une division. 
(Franz-Olivier Giesbert, Le théâtre des incapables)
Sur nos politiciens Charles de Gaulle avait déjà tout dit quand, à propos d'Albert Lebrun, le dernier Président de la IIIe République, il notait:
"Au fond comme Chef de l'Etat deux choses lui avaient manqué :
 qu'il fut un chef et qu'il y eut un Etat")
(Franz-Olivier Giesbert, Le théâtre des incapables)

22.11.19

En agrafant des sacs poubelles dépliés sur des cadres de bois, ils ont fabriqué une porte qu'ils placent devant l'ouverture de la tente. 
Le lendemain, d'autres familles les imitent. 
Il se crée une sorte de mode dans le camp - il faudrait, un jour, analyser comment ou pourquoi comment cela est possible : 
que des modes apparaissent jusque dans le dénuement extrême, 
qu'il se dégage tout à coup une manière d'être pauvre que les autres veulent imiter. 
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

Nous ne voulons pas d'un monde 
où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre la certitude de mourir d'ennui.
(Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)

20.11.19


C'est ça, une guerre d'indépendance:
pour répondre à la violence d'une poignée de combattants de la liberté qui se sont généralement formés eux-mêmes, dans un cave, une grotte ou un bout de forêt, une armée de métier, étincelante de canons en tout genres, s'en va écraser des civils qui partaient en promenade. 
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)
... et ceux-ci attendent dehors qu'ils se rendent ensemble, 
lentement, majestueusement, 
comme le veut leur statut
et comme l'exige leur corpulence... 
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

19.11.19


Il disait souvent que de toutes les nations qu'il connaissait, 
la France était le pays qui avait le plus de difficulté à s'appliquer à lui-même les vertus républicaines et morales 
qu'il exigeait des autres. 
Surtout l'égalité et la fraternité.
(Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)
La flatterie est comme l'ombre: elle ne vous rend ni plus grand ni plus petit.
(Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)

18.11.19


On n’explique jamais comment il fut possible, il y a si peu de temps, que la France, sans aucune contrainte, se conduise si mal sur une partie de son territoire. Et comment ceux qui se sont si mal conduits ont pu, ensuite, faire une carrière normale, parfois glorieuse.

Pour les Américains, comme pour Giraud, de Gaulle et les colons (dont la pression est encore omniprésente), il n’y a aucune raison que les Juifs algériens aient plus de droits que les musulmans. C’est-à-dire qu’ils ne doivent en avoir aucun. Et donner des droits aux Juifs, c’est pousser les musulmans à réclamer les mêmes ; et ça, pas question. Cela restera, tout au long de cette histoire, et jusqu’à la fin, le seul point commun entre tous ces gens, par ailleurs adversaires politiques irréductibles.


Le 10 février, c’est le tournant. Ferhat Abbas, qui ne s’est jamais réjoui de l’abrogation du décret Crémieux, et qui avait déjà conditionné l’engagement des musulmans d’Algérie dans l’armée française à une reconnaissance de l’identité algérienne, en a assez d’attendre un signe qui ne vient pas. Pourquoi, dit-il, voudrait-on que les Algériens meurent pour la France, si la France ne fait rien pour eux ?!
...
 Ce texte, absolument essentiel pour l’avenir, dit bien que les musulmans avaient espéré jusque-là obtenir la citoyenneté française, et que c’est parce qu’on la leur a refusée qu’ils cessent de la revendiquer : « Nous avons pensé qu’après les malheurs de la France, le colon allait réaliser et reconsidérer le problème algérien. Bien au contraire, la colonie européenne, dans sa majorité, interpréta le régime de Vichy et l’ordre nouveau comme étant l’expression intime de son idéal et la possibilité de satisfaire sa soif de domination […] face à ce refus systématique ou déguisé de donner accès dans la cité française aux Algériens musulmans, il fallait renoncer à la politique d’assimilation.
(L'année des dupes 1943, de Jacques Attali)

Car tout tient en une phrase, jamais exprimée, par personne, mais toujours pensée, et qui renvoie cruellement aux enjeux d’aujourd’hui : 
«Donner des droits aux Juifs, c’est pousser les musulmans à en réclamer ; et ça, pas question.»
(L'année des dupes 1943, de Jacques Attali)

16.11.19

Tout l'attirail d'un gommeux, 
l'archétype du fourbe cauteleux, 
du chacal sournois, 
mélange de familiarité et d'arrogance, 
de technicité et de mépris...
(Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)

En le voyant ainsi rugir, gratter sa peau enflammée, je pensais à ce moment-là à cette notation de l'anthropologue Serge Bouchard spécialiste des cultures amérindiennes :  "L'homme est un ours qui a mal tourné".
(Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)

15.11.19


On voulait offrir un pays libre à nos enfants, 
on s'est battus contre les Français, 
on s'est battus contre les fanatiques du FIS, 
on s'est battus entre nous 
et nos enfants nous tournent le dos, 
ils deviennent des cons à qui je n'ai pas envie de donner 10 euros et encore moins un Pays.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

- Je veux retrouver mes racines.
- Les miennes, elles sont ici, dit Hamid. 
Je les ai déplacées avec moi. 
C'est des conneries, ces histoires de racines. 
Tu as déjà vu un arbre pousser à des milliers de kilomètres des siennes ?
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

13.11.19

Le patron du bar rougit mais persiste dans son attitude hargneuse. 
Il est trop tard maintenant pour qu'il fasse volte-face. 
Les gens que l'on prend pour des salauds, souvent, sont des timides qui n'osent pas demander qu'on recommence à zéro.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)


Comme l'explique joliment l'OMS "il faut beaucoup d'astuce pour vendre un produit (le tabac) qui tue jusqu'à la moitié de ses consommateurs".
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

8.11.19


... ce que veut Ali, pour l'instant, c'est la conservation de ce qu'il a acquis. 
Le futur ne l'intéresse que s'il est un présent étendu. 
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

Une ancienne tradition kabyle veut que l'on ne compte jamais la générosité de Dieu. 
On ne compte pas les hommes présents à une assemblée. 
On ne compte pas les oeufs de la couvée. 
On ne compte pas les grains que l'on abrite dans la grande jarre de terre. 
Dans certains replis de la montagne, on interdit tout à fait de prononcer des nombres. 
Le jour où les Français sont venus recenser les habitants du village, ils se sont heurtés au silence des vieilles bouches : 
Combien d'enfants as-tu eu ? Combien sont restés vivre avec toi ? Combien de personnes dorment dans cette pièce ? 
Combien, combien, combien...les roumis ne comprennent pas que compter, c'est limiter le futur, c'est cracher au visage de Dieu.
(Alice Zaniter, l'Art de perdre)

6.11.19

On ne dort pas pour se reposer.
On dort parce qu'il est des tâches que notre cerveau ne peut pas conduire lorsque nous sommes actifs. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

Le cerveau humain s'avère, quel que soit son âge, bien moins sensible à une représentation vidéo qu'à une présence humaine. 
C'est pour cette raison, notamment, que la puissance pédagogique d'un être de chair et d'os surpasse irrévocablement celle de la machine. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

5.11.19


Notre cerveau est programmé pour répondre aux stimulis externes (sonores ou visuels), saillants, soudains et inattendus. 
Bien sûr on peut résister.  Mais, dans ce cas, l'effort est tel qu'il détourne une large fraction de notre potentiel cognitif;
ce qui conduit au même résultat que les coups d'oeils intempestifs: dégrader l'échange. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

L'apprentissage ne sort pas du néant. 
... 
Les statisticiens appellent celà "l'effet Matthieu" en référence à une mémorable sentence biblique :
"Car celui qui a, on lui donnera et il aura du surplus, 
mais celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé". 
... 
La nature cumulative du savoir conduit mécaniquement à un accroissement progressif des retards initiaux. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

4.11.19


Plusieurs études récentes ont démontrés que notre brave cerveau supportait très mal le désœuvrement.
... 
Dès lors, plutôt que de s'ennuyer, la majorité des gens préfère sauter sur la première occupation venue même si elle s'avère a priori rébarbative. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

Plus tôt l'enfant se trouve confronté aux écrans, plus il a de chances de devenir subséquemment un usager prolixe et assidu. 
...
Nous sommes des êtres d'habitudes, et à l'image de ce qui se passe pour les routines alimentaires, scolaires, sociales ou de lecture, les pratiques numériques tardives s'enracinent profondément dans la petite enfance.
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

3.11.19

.. après quelques bla-bla d'usage sur les bienfaits du numériques, la discussion (avec une personnalité politique française porteuse de plusieurs mandats nationaux) s'est à peu près passée de la façon suivante : 
Moi : Toutes les études montrent un affaissement majeur des compétences cognitives de ces jeunes, depuis le langage jusqu'aux capacités attentionnelles en passant par les savoirs culturels et fondamentaux les plus basiques. ...
Lui : On parle d'économie de la connaissance, mais c'est minoritaire. Plus de 90% des emplois de demain seront peu qualifiés, dans l'aide à la personne, les services, le transport, le ménage. Il ne faut pas pour ces emplois des gens trop éduqués. 
Moi : Alors pourquoi les emmener tous à Bac+5 si c'est pour qu'ils finissent vendeurs chez Décathlon ? 
Lui : Parce ce qu'un étudiant ça coûte moins cher qu'un chômeur et c'est socialement plus acceptable. On connaît tous le niveau de ces diplômes. C'est pour amuser la galerie.  Il ne faut pas être naïf; et puis, plus on les garde longtemps à l'Université et plus on économise sur les retraites. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

L'innovation n'a rien d'une espèce de compétence générale désincarnée que quelque jeu vidéo pourrait nous inculquer. 
Non, l'innovation c'est d'abord, pour un domaine donné, du temps, du travail et de la sueur.
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

30.10.19


Il y a peu un journaliste résumait superbement le problème
C'est un jeu auquel j'aime jouer parfois. Cela s'appelle "combien dois-je lire de commentaires sur Internet avant de perdre fois dans l'humanité ?" Bien trop souvent la réponse est : "un seul". 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

Il est extravagant de penser que le simple fait de manger régulièrement chez Bocuse permettra au premier quidam venu de devenir un cuisinier aguerri.  Dans le domaine culinaire, comme dans le champs informatique, il y a celui qui utilise et celui qui conçoit... et, pour exister, le premier n'a clairement pas besoin de connaître les secrets du second.
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

29.10.19



Avant de révolutionner leur domaine, Picasso, Newton, Einstein, Kepler, Darwin ou Wegener ont passé des décennies à digérer les travaux de leurs prédécesseurs. 
C'est ce patient labeur et lui seul, qui leur a permis tout d'abord de penser, ensuite de penser par eux-mêmes, et enfin de penser autrement. 
Newton ne disait-il pas que s'il avait vu plus loin que ses contemporains, c'était justement parce qu'il était juché sur les épaules des géants qui l'avaient précédé ? 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)


La morale de l'histoire, la voilà. 
Livrez vos enfants aux écrans, 
les fabricants d'écrans continueront de livrer leurs enfants aux livres. 
(Guillaume Erner dans le Huffington post, 
exrait de La fabrique du crétin digital, Michel Desmurget) 

28.10.19


Un (bon) menteur commence par faire que le mensonge paraisse vérité, 
et il finit par faire que la vérité semble un mensonge. 
(Alphone Esquiros)

L'histoire récente nous a appris qu'appât du gain et loyauté dans le domaine de l'information faisaient rarement bon ménage. 
(Michel Desmurget in La fabrique du crétin digital)

26.10.19

On dit que tout remonte à Matignon ? 
Non, seulement les emmerdes.
(Edouard Philippe, 1er ministre)
Je pense aux innombrables bureaux Nike partout dans le monde. 

Pour chacun d’eux, quel que soit le pays, le numéro de téléphone se termine par 6453, ce qui correspond aux touches du cadran téléphonique pour écrire Nike. 

Mais, par pur hasard, ce chiffre correspond, lorsqu’on le lit de droite à gauche, au meilleur temps de Pre sur le mile : 3 minutes, 54 secondes et 6 dixièmes. 

Je dis « par pur hasard » mais était-ce bien le hasard ? Puis-je m’autoriser à penser que certaines coïncidences sont plus que des coïncidences.
(Phil Knight in Shoe Dog)